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Une enquête a été ouverte par le ministère de la Justice américaine en mai 2017, après des investigations du FBI et de la CIA sur de possibles ingérences russes lors de la présidentielle de 2016. L’équipe de campagne de Donald Trump a-t-elle établi des contacts secrets avec la Russie pendant la campagne ? Qui sont les personnalités concernées par cette affaire ?






Journaliste multimédia : Latifa Mouaoued
Rédaction en chef : Darya Kianpour, Kèoprasith Souvannavong
Adjoint à la directrice de RFI, Nouveaux Medias : Christophe Champin
Graphisme et développement : Studio Graphique, France Médias Monde


Crédits photos
Paul Manafort, Michael Flynn, James Comey, Jared Kushner, Donald Trump Jr, Jeff Sessions et Julian Assange : REUTERS
George Papadopoulos, Carter Page et Robert Mueller : AFP
Roger Stone, Mike Pompeo et Sergueï Kisliak : Getty Images
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Robert Mueller

Procureur spécial chargé d'enquêter sur les ingérences russes dans la campagne américaine de 2016

Âgé de 73 ans, l'ancien patron du FBI sous les présidents George W. Bush et Barack Obama est respecté des républicains comme des démocrates. Il a été désigné par l’attorney  general adjoint Rod Rosenstein, à qui il rend compte. Il a le pouvoir d'enquêter sur « tout lien et/ou coordination entre le gouvernement russe et les individus associés à la campagne du président Donald Trump », ainsi que « toute question soulevée ou découlant directement de l'enquête » et de toute tentative d'interférer avec l'enquête.

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Jeff Sessions

Attorney general (ministre de la Justice) des États-Unis

Cet ancien sénateur, conseiller diplomatique de Donald Trump pendant la campagne présidentielle est devenu ministre de la Justice. Il était le patron de l’équipe de conseillers diplomatiques de la campagne Trump. Mise en cause par le témoignage de George Papadopoulos , il a finalement reconnu, lors de son audition à la Chambre des représentants le 14 novembre 2017, la tenue d’une réunion en mars 2016 au cours de laquelle George Papadopoulos s'était targué de pouvoir organiser une rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et le futur président Donald Trump. Jeff Sessions avait notamment reçu l’ambassadeur russe Sergueï Ivanovitch Kisliak en septembre 2016. Il a plaidé non coupable et est assigné à résidence.

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Paul Manafort

ancien directeur de campagne de Donald Trump

Il est parmi les premiers inculpés. Il est visé par 12 chefs d'inculpation, dont complot contre les États-Unis, blanchiment, fausses déclarations et non-déclaration de comptes détenus à l'étranger. L'acte d'accusation, publié par le New York Times, mentionne des sommes d'argent versées par l'Ukraine « entre 2006 et 2016 ». Selon le document publié par le quotidien, « Manafort et Gates ont lavé cet argent » via des comptes offshore, enregistrés notamment à Chypre. « Au total, 75 millions de dollars ont transité sur ces comptes offshore. » Il n’y a en revanche aucune référence à la campagne présidentielle de Donald Trump, puisque tous les faits évoqués datent d'avant l'élection présidentielle américaine.

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George Papadopoulos

Chargé des questions de politique étrangère au sein de l’équipe de campagne de Donald Trump

Il a plaidé coupable d'avoir menti au FBI, et collabore depuis avec les enquêteurs. George Papadopoulos voulait organiser une entrevue entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Dans l’acte d’accusation, on apprend qu’il est entré en contact avec un mystérieux professeur, identifié par le New York Times et le Washington Post comme Joseph Mifsud, basé à Londres et ayant des liens étroits avec Moscou. Joseph Mifsud a confirmé au Daily Telegraph être le professeur dont il est question dans les médias. George Papadopoulos a rencontré Joseph Mifsud à Londres à deux reprises, dont une fois en compagnie d'une femme qu’il présente à tort, comme la nièce de Vladimir Poutine mais ayant des contacts au sein du ministère russe des Affaires étrangères. Le réseau constitué tente alors d’organiser une rencontre entre l'équipe de campagne de Donald Trump et des responsables russes. Fin avril 2016, le professeur apprend à George Papadopoulos que les Russes possèdent des informations compromettantes, des milliers de courriels sur la candidate démocrate Hillary Clinton. Selon George Papadopoulos, ses supérieurs étaient au courant de ses agissements. En revanche, aucune rencontre, assure-t-il, n’a eu lieu entre la Russie et l’équipe de campagne de Donald Trump.

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Richard Gates

Ancien conseiller de l'équipe de campagne de Donald Trump

Associé et ancien adjoint de Paul Manafort, il est aussi visé par 12 chefs d'inculpation et plaide non coupable. Il est poursuivi pour complot contre les États-Unis, blanchiment, fausses déclarations et non-déclaration de comptes détenus à l'étranger. On lui reproche, comme à Paul Manafort, d'avoir mené des activités non déclarées de lobbyiste et de consultants en faveur de l'ancien président ukrainien pro-russe, Viktor Ianoukovitch. Au total, 75 millions de dollars ont transité sur des comptes offshore gérés par Richard Gates et son associé.

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Michael Flynn

Ancien conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump

Il a été limogé à peine un mois après son entrée en fonction, après la publication par le Washington Post et le New York Times de ses conversations avec l’ambassadeur de Russie à Washington, Sergueï Kisliak. Le 1er décembre 2017, Michael Flynn reconnaît avoir menti au FBI au sujet de ses conversations avec le diplomate russe. Des faits pour lesquels il risque la peine maximale de cinq ans de prison et une amende pouvant aller jusqu'à 250 000 dollars. Il pourrait être poursuivi également pour blanchiment, en raison de conférences rémunérées par des sociétés russes (la compagnie aérienne russe Volga-Dnepr, la société russe de cybersécurité Kaspersky Lab entre autres) et ses activités non déclarées de lobbyiste pour la Turquie. Il aurait notamment toucher 530 000 dollars pour faciliter l’extradition de Fetullah Gülen, considéré par le président turc Erdogan comme le cerveau de la tentative de coup d’Etat de 2016.

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Carter Page

Conseiller en charge de la politique étrangère dans l’équipe de campagne de Donald Trump

Il est revenu sur ses premières déclarations et a reconnu avoir rencontré des responsables du gouvernement russe à Moscou en juillet 2016. Il a confirmé une entrevue avec le vice-Premier ministre russe Arkadi Dvorkovitch. Carter Page a affirmé avoir informé Jeff Sessions, alors sénateur et conseiller du candidat Trump, de ce voyage en Russie.

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Jared Kushner

Gendre et haut conseiller de Donald Trump

Le mari d’Ivanka Trump intéresse le procureur général Robert Muelller en raison de ses relations avec l’ambassadeur Sergueï Kisliak. Selon le Washington Post, Jared Kushner aurait demandé, lors d'une rencontre avec l'ambassadeur russe Sergueï Kisliak, à laquelle participait Michael Flynn , la mise en place d’un canal secret de communication avec le Kremlin. Une entrevue au cours de laquelle, Michael Flynn, l'ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, était présent. Il aurait également rencontré, avec le fils aîné de Donald Trump, une avocate russe, Natalia Veselnitskaya, qui aurait disposé d’informations compromettantes sur Hillary Clinton.

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Donald Trump Jr

Fils aîné de Donald Trump

Le magazine The Atlantic a publié les DM (messages privés) échangés entre le fils aîné de Donald Trump et WikiLeaks sur Twitter, avant et après l’élection de novembre 2016. Ces messages révèlent que WikiLeaks a demandé à Donald Trump Jr de faire la promotion des documents internes au Parti démocrate obtenus au moyen de piratage. Des documents qui prouvent que les ténors du Parti démocrate ont favorisé Hillary Clinton face à Bernie Sanders. On y apprend aussi que WikiLeaks soutient clairement la campagne de Donald Trump. L'organisation conseille par exemple au candidat, toujours par l'intermédiaire de son fils, de contester le scrutin en cas de victoire de Clinton. Il a également confirmé devant le Congrès avoir participé à la réunion avec l’avocate russe Natalia Veselnitskaya.

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Guccifer 2.0

Hackeur

C'est le compte présenté comme celui du hackeur qui a piraté les boîtes e-mail du Parti démocrate américain et du directeur de campagne d’Hillary Clinton. Les services américains l’accusent d’être à la solde du gouvernement russe, ce qu’il a nié.

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Roger Stone

Ami de longue date de Donald Trump

Cet ancien conseiller politique de Robert Nixon a dû s’expliquer devant le Congrès sur la nature de ses contacts avec le hacker Guccifer 2.0 soupçonné d’être à la solde du gouvernement russe par les services secrets américains.

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Julian Assange

Fondateur de Wikileaks

Cette organisation non gouvernementale, fondée en 2006 par Julian Assange dont l’objectif est de divulguer des données confidentielles et les rendre accessibles à tous, a publié, le 22 juillet 2016, des milliers d’e-mails du Parti démocrate. Ils prouvent que les élites du comité à la tête du parti ont favorisé Hillary Clinton pour la faire gagner face à Bernie Sanders. WikiLeaks demande également à la famille Trump de faire la promotion de ces révélations. De hauts dirigeants ainsi que les services de renseignement américains considérent comme fiables les indices selon lesquels la Russie a aidé WikiLeaks à obtenir les e-mails du Parti démocrate et du directeur de campagne de Clinton, John Podesta.

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James Comey

Ancien patron du FBI

Il dirigeait l’enquête sur les éventuelles ingérences russes dans la campagne présidentielle américaine de 2016. Il a été limogé par Donald Trump le 9 mai 2017. Lors de son audition devant le Congrès, il a évoqué des pressions de la Maison Blanche. Il a été officiellement renvoyé pour sa mauvaise gestion de l'enquête sur la fuite des emails d’Hillary Clinton.

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Mike Pompeo

Directeur de la CIA

Cet ancien officier de l’armée, élu républicain du Kansas à la Chambre des représentants depuis 2011, a succédé à John Brennan à la tête de la CIA en janvier 2017. Il soutient le rapport de janvier 2017 de l’agence du renseignement sur les cyberattaques russes. Lors des auditions au Sénat, les responsables du renseignement américain ont déclaré que la Russie constituait une « menace majeure pour le gouvernement, l’armée, la diplomatie, ainsi que les infrastructures commerciales et stratégiques américaines ». La version non classifiée et publique du rapport pointe clairement Vladimir Poutine.

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Sergueï Kisliak

Ambassadeur russe à Washington

Ce diplomate de 66 ans, pur produit des Affaires étrangères soviétiques, était en poste à Washington depuis 2008. Il s’est retrouvé au cœur de l’affaire des ingérences russes présumées dans l'élection présidentielle américaine et a été contraint de quitter les Etats-Unis en août 2017. Les médias américains l’accusent d'avoir conspiré pour faciliter l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. CNN l'accuse même d'être « l'espion recruteur en chef » pour le compte du service russe de renseignement extérieur (SVR).