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L’île de Gorée, Sénégal
  • Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1978, l’île de Gorée frappe le visiteur par ses ruelles paisibles et ses vieilles maisons fleuries de bougainvilliers. A un quart d’heure seulement de Dakar, en chaloupe, elle est un havre de paix loin des turbulences de la capitale. Un havre de paix qui est à jamais étroitement associé à l’une des plus grandes tragédies de l’histoire.

    Photo : Des pêcheurs en pirogue au large de l'ile de Gorée, lundi 27 avril 1998. © Seyllou Diallo - AFP

  • L’île de Gorée, Sénégal

    Nulle part sur le continent africain ressent-on l’esprit du passé avec autant de force que sur cette île plantée sur la côte Ouest Atlantique qui fut, avec Elmina au Ghana et Ouidah au Bénin, le centre du trafic le plus important de la traite négrière pendant près de trois siècles et demi (du XVIe jusqu’au milieu du XIXe siècles). Des milliers et des milliers d’Africains et d’Africaines réduits à l’esclavage ont transité par là, avant d’embarquer sur des bateaux négriers en direction du continent américain.

    Photo : Le Fort Nassau, île de Gorée au Sénégal, port de débarquement de la Compagnie des Indes occidentales hollandaises, tableau de Pieter van der Aa (1659-1733). © Dea Picture Librar - Getty

  • L’île de Gorée, Sénégal

    Découverte par les marins portugais en 1444, Gorée a été tour à tour portugaise, hollandaise et anglaise, avant de tomber dans l’escarcelle de la France en 1677. Convoitée pour son mouillage sûr et sa proximité avec le continent africain, l’île était un enjeu majeur entre diverses nations européennes qui l’ont successivement utilisée comme escale ou comme marché d’esclaves. Dès le XVIe siècle, elle a servi d’entrepôt de « bois d’ébène » avec la construction des premières « captiveries » ou « esclaveries » par les Portugais. La dernière construction en date est la célèbre Maison des Esclaves connue dans le monde entier comme symbole emblématique de la traite négrière avec tout son cortège de souffrances et d’humiliations.

    Photo : Maisons des Esclaves, île de Gorée, Sénégal. © Danita Delimont - Getty

  • L’île de Gorée, Sénégal

    Sans doute bâtie vers 1786, rénovée en 1990 par l’association Gorée-Fraternité, la Maison des esclaves abritait dans son sous-sol des cachots où étaient détenus des esclaves de traite, enchaînés en permanence, dans des conditions d’hygiène déplorables. C’est d’ici, par la « porte du voyage sans retour », qu’ils embarquaient sur des bateaux, après parfois trois mois d’attente. Devenue un lieu de recueillement et de mémoire important, cette Maison des esclaves est aujourd’hui un passage obligé pour tout touriste venu en pèlerinage à Gorée. Parmi les plus éminents visiteurs qui sont passés par Gorée, le pape Jean-Paul II. Il est venu sur l’île le 22 février 1992 et descendu dans les cachots de la Maison des esclaves pour demander pardon à l’Afrique. Le président Barack Obama, né de père kényan, est, lui aussi, venu s’y recueillir lors de son passage à Dakar en 2013.

    Photo : Le président des Etats-Unis, Barack Obama, devant la « porte du voyage sans retour » de la Maison des esclaves, Île de Gorée, le 27 juin 2013. © Jim Watson - AFP Photo